Mises à jour et compléments

Cet ouvrage est le premier à prendre en compte toutes les toiles espagnoles du musée des Beaux-Arts de Lyon, depuis le XVe jusqu’au XXe siècle. Le lecteur-spectateur a donc, sous ses yeux, une vision d’ensemble d’une collection non négligeable – dix-huit œuvres (dix-neuf, si l’on estime que Scènes de la vie de saint Michel de Miguel Alcañiz est composée de deux panneaux) – dans un lieu prestigieux, le musée des Beaux-Arts de Lyon qui est considéré comme la deuxième pinacothèque de France, après le musée du Louvre à Paris.

En écrivant cet ouvrage, Philippe Merlo-Morat a eu plusieurs objectifs en tête :

  1. présenter, enfin, au grand public, l’ensemble de cette collection espagnole. Par « grand public », il faut entendre les lecteurs-spectateurs intéressés par la culture hispanique qui souhaitent parfaire leur connaissance de la peinture espagnole, les amoureux de la peinture qui pourront trouver dans les analyses, non seulement les cadres historiques, religieux et philosophiques qui permettent de mieux contextualiser l’œuvre, mais aussi une approche plus esthétique. Pour cela, l’auteur s’est servi, non seulement des recherches en histoire de l’art mais aussi des études dans le domaine hispanique, sans oublier les dossiers que l’on peut consulter auprès du service de la documentation du musée des Beaux-Arts de Lyon. Philippe Merlo-Morat espère que ces analyses attireront l’attention du visiteur qui prendra un peu plus de temps pour contempler ces chefs-d’œuvre espagnols.
  2. proposer des analyses précises et détaillées qui présentent les œuvres dans leur spécificité.Montrer, qu’en plus de la contextualisation qui est fondamentale, il faut considérer l’œuvre à partir des outils que l’artiste a utilisés pour la créer. C’est ce que l’on appelle les invariants, ce qui, « invariablement », revient dans la plupart des analyses des œuvres : la composition ou la structure, la lumière, les couleurs ou la palette chromatique, le genre, le courant artistique, les dimensions, le format… Nous viendrait-il à l’idée d’analyser un poème sans parler de versification ? ou d’expliquer un extrait de roman sans aborder la place du narrateur ? ou d’analyser une séquence filmique sans parler de cadrage, de son, de traveling ? Il en va de même pour la peinture. Le lecteur trouvera donc dans cet ouvrage une analyse – quand elle est possible – de tous ces différents invariants qui apportent du sens à la compréhension de l’œuvre.
  3. espérer que cette méthode qui, l’auteur en est bien conscient, comporte ses avantages et ses inconvénients, puisse être utile au plus grand nombre, que le lecteur-spectateur puisse mieux comprendre comment se « lit », se « voit », se « décrypte » une œuvre. Il ne s’agit pas uniquement de mieux comprendre les œuvres espagnoles étudiées, mais aussi de proposer une méthode qui est tout à fait applicable à la plupart des autres tableaux de la peinture française, italienne, flamande, anglaise… Tout simplement, avoir les outils pour apprendre à mieux voir un tableau.

Philippe Merlo-Morat est professeur agrégé d’Espagnol, professeur des Universités, enseignant-chercheur spécialiste des arts-visuels (peinture) du domaine hispanique.